La vie est un tango  disent les habitants de Buenos Aires...

   Cette danse et cette musique mais aussi la poésie qui l’accompagne au travers de son chant constituent, dans leur domaine, un fait culturel sans autre équivalent que le jazz et qui a traversé le siècle avec une étonnante vitalité, sans prendre une ride.
    Le Tango, ce joyau, est né d’un miracle à l’extrémité de la planète, sur les rives du Rio de la Plata, là où le monde semble se terminer, là où des hommes venus de partout ont fait échouer leur misère, qu’ils ont transformée en chef d’œuvre.

    Il nous apparaît comme l’une des manifestations récurrentes d’une civilisation aujourd’hui à l’agonie et une réaction de l’homme contre son déclin. Il est, à cet égard, un des lieux de résistance à cette triste modernité d’un monde en voie de déshumanisation, où la pensée convenue et numérisée, le langage binaire, le corps réprimé et normé ont façonné cet homme conditionné et indifférencié qui est l’homme contemporain.

    Dans cet univers crépusculaire où l’homme a transporté hors de lui ce qu’il a de plus noble et de plus beau au profit  des chimères générées par le culte de la consommation et du « progrès » avec ses productions virtuelles et ses fausses valeurs, les hommes et les femmes en quête de leur identité, de leur nature véritable et de leur unité, sauront reconnaître dans le tango argentin l’un des moyens de leur développement.

    Cette danse sublime, véritable pédagogie de la liberté et de la relation à l’autre puisque fondée sur l’improvisation et le contact, facilitant l’émergence d’émotions insoupçonnées, est à présent accessible à Paris dans sa représentation la plus authentique.